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Le mot incunable vient du latin incunabulum qui signifie berceau. Les incunables sont les livres imprimés entre la date de l'invention de l'imprimerie (environ 1450) et avant 1501. En réalité les imprimés édités entre 1500 et 1510 (que les belges nomment "post incunables") présentent les mêmes caractéristiques techniques (typographie, mise en page) que les livres publiés avant 1501. Les incunables bénéficient des technologies mises au point par Gutenberg, la typographie à caractères metalliques mobiles. Cette invention permet de réutiliser les caractères plusieurs fois, car le métal les rend plus solides que ceux en bois. Ces caractères cherchent à imiter les écritures de l'époque car l'incunable veut ressembler au manuscrit plus prestigieux. Aussi sont imitées les écritures gothiques (fraktur en Allemagne, bâtardes en France et Allemagne...), les écritures humanistes rondes inspirées de l'écriture carolingienne (la police "garamond"), ou les écritures humanistes inclinées (l'imprimeur vénitien Alde Manuce fut le premier à commander à son typographe, Griffo, ce type de caractères qui devinrent l'italique) qui permettaient de gagner de la place et d'économiser du papier, mais surtout de mieux imiter les écritures manuscrites, au détriment de la lisibilité. Le manuscrit classique conservant tout son prestige, on cherche également à imiter sa mise en page lors de l'impression des premiers incunables ; dans certains cas la différence incunable-manuscrit est très difficile à établir pour un non spécialiste. Jusque vers 1530, le livre imprimé conservera les formes des manuscrits médiévaux. A Albi les premiers livres ont été imprimés par les ateliers dit de l'Aenas Sylvius autour de 1475-1480 et de Jean Neumeister de 1481 à 1483.
Bartholomeus de Sancto Concordio. Summa casuum conscientiea. - [Albi : impr. de l'Aenas Sylvius, ante 1475.] - in-12. (Rés. Inc. 71 (155)). Imprimé en caractères romains par un atelier qui reste encore anonyme, cet incunable est le plus ancien livre imprimé à Albi, et dans tout le Midi toulousain. Après Paris (1470) et Lyon (1472), Albi est en effet la troisième ville de France à accueillir un atelier d'imprimerie en 1474. Quatorze éditions sortirent des presses de cet atelier, dit de l'Aenas Sylvius. Actuellement, quatorze exemplaires de la Summa casuum conscientiea sont identifiés dans des collections publiques françaises ou étrangères. Il semble que l'imprimeur fasse appel à un enlumineur qui décore les folios d'incipit d'enluminures marginales au motif d'arabesques, de fruits et de végétaux, laissant parfois en bas de page un écu d'attente. Les armoiries de cet exemplaire sont des armoiries de fantaisie ajoutées au XVIIème siècle.
Decisiones Rotae Romanae. - [Albi : impr. de l'Aenas Sylvius.] - (Rés. Inc. 340 ). Les Decisiones Rotae Romanae de l'atelier de l'Aenas Sylvius comprennent la seule utilisation par cet imprimeur de caractères gothiques en même temps que des caractères romains.
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